PNEU OCCASION : un marché en Hausse

Pneu occasion
Pneu occasion

Le système français de collecte du pneu d’occasion est l’un des plus performants d’Europe

PNEU OCCASION : Le même, mais à moi­tié prix ! Pour Patrick Poincelet, président des recycleurs adhé­rents au Conseil national des profes­sions de l’automobile (CNPA), un pneu d’occasion coûte à peine « 30 % du prix d’un neuf ». Voici quelques exemples de tarifs relevés : 30 € pour un 185/65 R15 bas de gamme d’occasion (56 € en neuf), 50 € pour un 195/55 R16 de marque (contre 90 €), et 75 € pour une enveloppe de dimen­sions 205/50 R17, sachant que la même coûte 140 € neuve. De belles affaires que le pneu d’occasion ? Tout dépend de quel point de vue l’on se place. Il faut bien choisir son pneu.

Les ventes de pneu d’occasion Multiplié par cinq

En Espagne et au Royaume­Uni, les pneus d’occasion représentent un tel marché que manufacturiers et automobile clubs commencent à s’en inquiéter. Le Race, l’automobile club ibérique, a livré une étude cofinancée par Goodyear. Si les données officielles manquent, le Race s’est livré à une démarche intéressante. Selon ses constatations, le nombre de résultats obtenus en recherchant « pneu d’occasion » sur Internet a été multiplié par cinq en quatre ans (entre 2008 et 2012). De la même manière, la requête « pneu d’occasion » a elle aussi été cinq fois plus tapée par les internautes espa­gnols en 2012 qu’en 2008.

La preuve d’un boom ? Non, mais de sérieux indices… d’autant plus que, d’après les chiffres des douanes, le nombre de pneu d’occasion entrant en Espagne aurait augmenté de 60 %, tou­jours sur la même période. Au Royaume-Uni, la sonnette d’alarme vient d’être tirée par l’Irish Tyre Industry Associa­tion, l’association des industriels du pneu en Irlande.

Test des pneus d’occasions

Ces der­niers expliquent avoir procédé à un test : 134 pneus d’occasion ont été achetés par leur soin. Bilan : « 51 % sont dangereux ou ne conviennent pas à l’utili­sation requise », tandis qu’« un certain nombre d’enveloppes pré­sentaient des entailles ou des clous dans la bande de roulement, tan­dis que d’autres témoignaient de traces de réparation sur les flancs ». Toujours selon l’association irlandaise, « 55 % des pneus d’occasions étaient agés de six ans ou plus, et l’un affichait 21 ans », sachant que l’on recommande généralement de ne pas mon­ter un pneu d’occasion de plus de cinq ans. Ce qui pose la question de la sécurité routière.

Le Pneu d’occasion un problème de distribution

Donc, nos voisins les plus proches achètent du pneu d’occasion, et pas les automobilistes français ? « Ce problème n’existe pas en France pour différentes raisons », analyse Fazilet Cinaralp, la secré­taire générale de l’association des manufacturiers de pneu­matiques européens (ETRMA) ; « la collecte des pneus en fin de vie est très performante chez nous et, de plus, la vente de pneus est plutôt l’oeuvre de gros distribu­teurs ». Contrairement à l’Espagne, par exemple, où le mode de distribution est éclaté en une myriade de petits reven­deurs, la France possède essen­tiellement de grandes enseignes aptes à proposer des pneus neufs uniquement. Le marché du pneu d’occasion dans L’Hexagone représenterait de 3 à 4% du nombre total d’enveloppes vendues toujours selon madame Cinaralp.

La collecte du pneu d’occasion

informations que nous ont fait remonter nos collecteurs. Ce n’est pas énorme, mais c’est marqué », admet-on chez Aliapur, l’asso­ciation chargée de collecter l’in­tégralité des pneus démontés dans les garages et autres centres auto pour les recycler. Les derniers chiffres divul­gués par l’Ademe sur l’année 2011 en donnaient déjà une idée : la filière « pneu occasion » avait ainsi progressé de 19 % par rap­port à 2010. Et les tonnages de pneu d’occasion envoyés en Afrique diminuent en 2011, preuve que l’Europe occidentale néglige de moins en moins ces enveloppes bon marché…

L’Avenir du marché du pneu d’occasion

Mais pour Patrick Poincelet, du CNPA, le marché du pneu d’occasion en France n’est plus en devenir : « Ce n’est pas en croissance, c’est un marché déjà mature Il s’agit de quelque chose de lucratif pour les recycleurs, nous n’en avons jamais assez ! » Les démolisseurs sont en effet les premiers à distribuer des enveloppes d’occasion, souvent récupérées sur des véhicules accidentés. Et Patrick Poincelet de promettre que « jamais il n’y eu le moindre problème de sécu­rité » avec des pneus d’occasion vendus par un recycleur. Ceux-­ci seraient effectivement contrô­lés au démontage, puis une nouvelle fois lors de leur mon­tage : « Cette année, la vente de pneus neufs est en chute, alors les manufacturiers cherchent un peu à savoir ce qui se passe dans la filière », termine le président des démolisseurs, en encore.. on n’a pas fait le distingo avec les pneus hiver.